Taux nominal et TAEG, quelle différence ?
Toute offre de prêt affiche deux pourcentages, et ils sont rarement identiques. En bref : le taux nominal détermine vos mensualités, et le TAEG vous permet de comparer les offres.
Le taux nominal
Le taux nominal, ou taux débiteur, est le prix de l’argent emprunté. C’est lui qui sert à calculer les intérêts et donc la mensualité. Sur un crédit immobilier de 200 000 € sur 25 ans à 3 %, il donne une mensualité de 948,42 €, hors assurance, et 84 526,79 € d’intérêts au total.
Mais ce taux ne dit pas tout. Pour obtenir le prêt, vous payez souvent d’autres frais qui n’apparaissent pas dans la mensualité de crédit.
Le TAEG
Le taux annuel effectif global (TAEG) intègre, en plus des intérêts, les frais que vous devez obligatoirement supporter pour obtenir le crédit, notamment :
- les frais de dossier ;
- les frais de garantie (caution ou hypothèque) ;
- l’assurance emprunteur, lorsqu’elle est exigée ;
- les frais de courtage, le cas échéant.
Il exprime le tout sous la forme d’un taux annuel unique. La loi oblige les prêteurs à l’indiquer dans les publicités et les offres de crédit, ce qui permet de comparer des propositions construites différemment.
Un exemple chiffré
Reprenons le prêt de 200 000 € sur 25 ans à 3 %, avec :
- 1 000 € de frais de dossier ;
- 2 000 € de frais de garantie ;
- une assurance emprunteur de 50 € par mois.
La mensualité totale passe à 998,42 €. Le coût total du crédit atteint 102 526,79 € : 84 526,79 € d’intérêts, 15 000 € d’assurance et 3 000 € de frais. Le TAEG ressort à environ 3,68 %, contre 3 % de taux nominal.
L’écart de 0,68 point ne change rien au calcul des intérêts, mais il montre ce que le crédit coûte vraiment.
Pourquoi comparer les TAEG
Imaginez deux banques :
- la banque A propose 2,90 % de taux nominal, mais avec des frais de dossier élevés et une assurance groupe chère ;
- la banque B propose 3,05 %, sans frais de dossier et avec une assurance moins coûteuse.
À première vue, la banque A semble moins chère. Le TAEG peut montrer l’inverse. C’est précisément son rôle : ramener des offres différentes à un seul chiffre comparable.
Les limites du TAEG
Le TAEG est un bon outil, mais pas parfait :
- Il suppose que vous gardez le prêt jusqu’au bout. Si vous comptez revendre ou renégocier dans sept ans, les frais payés au départ pèsent plus lourd que ne l’indique le TAEG.
- Il n’inclut pas tout. Les frais de notaire liés à l’achat, par exemple, ne font pas partie du coût du crédit.
- Il ne dit rien de la souplesse du contrat : possibilité de moduler les mensualités, conditions de remboursement anticipé, transférabilité du prêt. Ces clauses peuvent valoir de l’argent.
- L’assurance mérite un examen à part. Vous pouvez la souscrire auprès d’un autre assureur que la banque, à garanties équivalentes, et en changer en cours de prêt. Sur un long crédit immobilier, l’écart peut représenter plusieurs milliers d’euros.
Le taux d’usure
En France, le TAEG ne peut pas dépasser un plafond appelé taux d’usure, publié par la Banque de France pour chaque catégorie de crédit. Un prêteur ne peut pas accorder un crédit dont le TAEG dépasse ce seuil. Quand l’assurance d’un emprunteur est chère, par exemple pour des raisons d’âge ou de santé, cela peut compliquer l’obtention du prêt.
Ce qu’il faut retenir
- Pour savoir combien vous paierez chaque mois, regardez le taux nominal et ajoutez l’assurance.
- Pour comparer des offres, regardez le TAEG, sur la même durée et le même montant.
- Pour choisir, lisez aussi les conditions : remboursement anticipé, modulation, garanties.
Le calculateur de prêt donne la mensualité et le tableau d’amortissement à partir du taux nominal. Pour comprendre comment se répartissent intérêts et capital, lisez comment fonctionne l’amortissement d’un prêt, et pour le type de taux, taux fixe ou taux variable.